L'UTMB ou la bataille pour le trône de fer

La fin d'été approche, pendant que certains s'acharnent à être fin prêt en vu du jour J pour la rentrée du petit, une ville toute entière vit un moment unique. Toute une ville, toute une communauté rassemblée autour d'une même passion, d'un même défi. Celui d'accompagner, de soutenir, de conquérir, de gagner, de finir, de ressentir, de jouer, de se plaire, de fanfaronner, de repousser ses limites, de les connaître, de bousculer les codes, de vivre une expérience unique… Celle d'être présent sur le sommet international du trail. L'Ultra Trail du Mont-Blanc (UTMB).

 

Cette période folle durant laquelle s'enchainent les ultras de fin de saison, celle où victoire rime avec terroir, celle pour laquelle chacun s'est entrainé durement. Du grand maigrelet vigneron au plus grand montagnard de l'histoire, du traileur citadin au plus expatriés des coureurs de steps, du traileur ultra-branché au coureur ultra-minimaliste, d'un américain arrogant au vosgien fier de sa mirabelle et de son sapin. Tous ont pris part à cette grande fête et qu'elle fut belle cette fête…

 

 

Un feu d'artifice de 19h00

 

Les médias du monde entier en ont parlés, les coureurs de chaque nation, les traileurs de chaque massif s'étaient tous donnés rendez-vous avec l'histoire. Celle de leur discipline. Celle où on ne pourrait reproduire un même plateau, celle pour laquelle les chamoniards se sont exténués à la tâche pour que cette semaine puisse rendre hommage à une discipline exigeante, à un massif magnifiques, à des coureurs talentueux… J'ai pu prendre part à cette aventure, une véritable odyssée, celle d'une communauté visant à écrire l'infini de possibilité, d'être parmi cette population qui respire la montagne, qui aime la parcourir parce qu'elle nous offre le meilleur, et nous pousse à le donner en retour.

 

Monsieur 0 Drop

 

J'ai fais la connaissance lors de ce salon de l'UTMB d'un coureur méconnu, la foule passait à côté de lui sans le reconnaître, look décontracté, chaussure 0 Drop, coupe mulet, t-shirt bariolé… Il s'agit de Jason Schlarb, celui avec qui Kilian Jornet passa la ligne d'arrivée de la Hardrock 100 l'an passé, main dans la main en un peu moins de 23h00… Un américian simple, humble, heureux.

 

On a évoqué plusieurs sujets dont ce rassemblement international qui aura lieu à 18h00 le vendredi et dont il allait prendre part… Je lui ai donc demandé ce qu'il en pensait, il m'a répondu "Au départ je voulais aller au Grand Raid, mais j'ai vu la tournure que ça prenait ici… la fête qui se préparait, j'ai donc voulu y prendre part".  Je lui ai ensuite demandé ses ambitions en évoquant les conditions météos difficiles qui étaient attendus (froid glacial : ressenti -9C°, pluie, neige à 2 000m). Il m'a répondu que "le top 5 est jouable", les conditions météos l'avantageraient un peu car il en a l'habitude, il a surtout insisté sur le plateau présent et la fierté de combattre avec ces adversaires "ils vont tous donner le meilleur d'eux- même". Et en se tournant face au mont blanc "Lui aussi il va donner son meilleur" (faisant référence aux conditions météos), comme si le Mont-Blanc lui aussi s'alignait au départ de cette édition historique de l'UTMB.

 

Cette rencontre m'a marqué d'autant plus que Jason interpella un autre coureur, Gedeminas Grinius un autre champion hors normes. Nous avons finis notre discussion, je lui ai souhaité le meilleur et cette phrase à résonné longtemps dans ma tête "Lui aussi il va donner son meilleur"…  

 

Donner son meilleur

 

Il est vrai que chaque coureur est différent dans son approche avec la nature, dans les fondements de sa pratique, motivés par des buts différents mais tous tournés vers une même destination : le massif du Mont-Blanc, cette montagne légendaire. Mais que ce soit ici où ailleurs chaque traileur se confronte à la nature, fais face à la montagne à ses caprices pour lui aussi "donner son meilleur".

 


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